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5.2 Les réseaux sociaux

5.2.1 Présentation et historique

Comme entrée en matière sur les réseaux sociaux, lisez l’article suivant de danah boyd (oui, en minuscules !) et Nicole Ellison : Social Network Sites : Definition, History, and Scholarship. Après avoir lu l’introduction de l’article, il peut vous être utile d’explorer les exemples de profils fournis dans cette liste.

Cet article fournit la définition suivante d’un site de réseau social :

Un service basé sur le web qui permet aux individus (1) de construire un profil public ou semi-public dans un système limité, (2) d’articuler une liste d’utilisateurs auxquels ils sont reliés, (3) de voir et de naviguer à travers leurs propres relations et celles faites par les autres utilisateurs.

(Traduction libre)

Nous avons déjà abordé la notion de liens entre les utilisateurs d’un site web participatif dans les modules 2 et 3. Dans les systèmes de signets sociaux (module 2), il est ainsi possible de choisir des contacts dont on souhaite recevoir les liens. Dans les blogues, nous avons vu qu’il se constitue naturellement un réseau entre les utilisateurs.

Alors que le réseau joue un rôle accessoire dans ces exemples, dans les réseaux sociaux en ligne, les liens entre les utilisateurs constituent le pôle central du fonctionnement du site, auquel se greffent des fonctionnalités de communication et de partage entre les utilisateurs. Ces fonctionnalités peuvent inclure la possibilité de créer un blogue et de partager des liens. Mais ces outils sont rarement aussi développés que sur les plateformes spécialisées dans ces fonctions. Par exemple, un blogue sur MySpace n’offre pas d’archives organisées ou de catégorisation ; le partage de liens sur Facebook ne permet pas d’appliquer des étiquettes.

Lecture



Pour vous donner une idée de l’importance qu’ont pris les réseaux sociaux en ligne, lisez l’excellent portrait que faisait Christine Rosen en 2007 du phénomène. Notez que la popularité de ces réseaux a poursuivi sa montée depuis 2007.

5.2.2 La typologie des relations et leurs implications

La définition de boyd, intentionnellement, ne précise pas ce que signifie une « relation » entre deux utilisateurs. La distinction la plus importante à faire est celle entre les relations symétriques (ou réciproques) et les relations asymétriques.

Une relation symétrique ou relation réciproque se fait normalement entre deux personnes qui se connaissent. On emploie souvent le terme ami, friend, ou contact pour y faire référence. Lorsqu’une relation réciproque est établie, chaque ami apparaît en tant que tel dans la liste d’amis de l’autre. Les systèmes qui permettent d’établir de tels liens procèdent généralement par requêtes. Par exemple, l’utilisatrice Alice demande à devenir l’« ami » de l’utilisateur Bob, et l’utilisateur Bob doit confirmer ou ignorer la requête.

Les relations asymétriques se font lorsqu’une personne témoigne d’un intérêt pour une autre, sans qu’il y ait réciprocité. La personne qui reçoit cette marque d’intérêt n’à intervenir d’aucune façon. On emploie souvent le terme fan ou follower pour désigner la personne qui établit la relation.

Certains systèmes établissent une équivalence entre une paire de relations « fan » réciproque et la relation « ami ». Autrement dit, lorsque les utilisateurs Alice et Bob sont fans l’un de l’autre, ils sont considérés comme amis.

On tente parfois de caractériser plus finement la nature du lien entre deux utilisateurs. Par exemple, dans Flickr, trois types de liens existent. On peut désigner quelqu’un comme étant un contact, un ami ou un membre de sa famille.

Une classification précise peut devenir très ardue étant donné la nature très fluide des relations interpersonnelles humaines. C’est pourquoi la plupart des systèmes simplifient très grossièrement la réalité en se limitant aux types « ami » (friend) et « fan ».

Les implications des relations

Dans un réseau social en ligne, qu’est-ce qui différencie deux individus qui sont en lien de deux individus qui ne le sont pas ? Le fonctionnement varie selon les systèmes, mais, règle générale, un lien d’Alice vers Bob aura les implications suivantes :

D’une certaine façon, le lien ouvre un canal de communication privilégié de Bob vers Alice. Notez par contre que la réciproque n’est pas vraie si le lien n’est pas symétrique. Ainsi, je peux bien devenir un fan de Céline Dion, mais cela ne m’accorde pas automatiquement le privilège de son attention lorsque je veux lui adresser un message.

Il est important de noter que, dans un réseau social en ligne, les liens peuvent être non seulement faits, mais ils peuvent aussi être défaits. Le canal peut donc être coupé à tout moment. Un abus du canal, par exemple, des communications répétées de type pourriel, peut donc pousser le récepteur à simplement couper les ponts avec l’émetteur – il lui enlève la permission d’obtenir son attention.

5.2.3 Les réseaux sociaux et antisociaux

Plus un réseau permet la diffusion d’informations entre utilisateurs qui ne se connaissent pas déjà, et donc le réseautage, plus il est sociable. La sociabilité d’un réseau dépend principalement du degré auquel il encourage ses membres à partager des informations personnelles et à laisser des traces de leur activité de façon peu restrictive.

À un extrême se situe le réseau complètement ouvert ou transparent, dans lequel toute activité et toute information sont accessibles à tous les utilisateurs ; à l’autre se situe le réseau complètement fermé, où les contacts sont présents, mais où les informations ne circulent que d’une manière « un-à-un » (one-on-one) entre contacts.

Le système de gestion d’adresses de courriel de GMail est un exemple d’un réseau complètement fermé. Il ne vous y est pas possible de découvrir un nouveau contact de façon autonome, à moins qu’un de vos contacts existants ne vous fournisse l’adresse courriel de quelqu’un d’autre. Notez qu’il ne s’agit pas à proprement parler d’un réseau social en ligne au sens où nous l’entendons ici, parce qu’on ne peut pas couper les liens ; une fois que quelqu’un a votre adresse Gmail, vous ne pouvez plus lui enlever.

L’ouverture en inquiète plus d’un. La plupart des réseaux se situent à un degré intermédiaire de sociabilité. Certaines informations sont partagées avec tous les utilisateurs, alors que d’autres le sont seulement à travers les relations.

Les options de partage peuvent souvent être configurées individuellement par l’utilisateur. Par exemple, le réseau d’affaires LinkedIn permet à l’utilisateur de décider s’il souhaite garder sa liste de contacts pour lui ou la partager avec ses contacts. Le second choix permet à ses contacts de se découvrir mutuellement, ce qui peut être souhaitable pour certaines personnes mais non pour d’autres.
Le réseau Facebook offre un panneau de contrôle sophistiqué en ce qui concerne le partage. Jetez-y un coup d’oeil en regardant la présentation suivante de Lee Aase, à partir de la diapo intitulée Barriers to Facebook Hegemony. Vous n’avez pas à en comprendre tous les détails, mais tâchez pour l’instant de saisir la complexité potentielle de cette gestion pour l’utilisateur.

Facebook Professional Friends, Personal Privacy
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