Éric Bédard, professeur à la Téluq

ebedard@teluq.ca

Chroniques de la Conquête

Lectures

Le mercredi 7 octobre 2009

Depuis juin, je vous ai raconté l’histoire de la Conquête anglaise. Si j’ai voulu être le plus précis possible, j’ai sélectionné les faits, les moments et les personnages que j’ai jugés les plus importants. Vous souhaitez approfondir le sujet ? Quelques suggestions de lecture…

Événements et contexte

L’ouvrage le plus récent et le plus détaillé sur le siège de Québec et la bataille des plaines d’Abraham est celui de Peter McLeod (La vérité sur la bataille des plaines d’Abraham, Éditions de l’Homme, 2008). Historien au Musée canadien de la guerre, McLeod propose un récit vivant et équilibré qui s’appuie sur une documentation riche et abondante. S’il ne fallait lire qu’un seul livre sur cette tranche de notre histoire, je conseillerais volontiers celui-là.

Le récit que propose l’historien québécois Gaston Deschênes (L’année des Anglais, Septentrion, 2009) est également captivant mais ne porte que sur la Côte-du-Sud. La nouvelle édition de son ouvrage est magnifique et s’offre bien en cadeau. La chronique de l’historien canadien-anglais C.P. Stacey (Québec, 1759, Presses de l’Université Laval, 2009) mérite aussi d’être consultée même si la première version a été publiée en 1959.

Pour une lecture plus large du contexte historique et de la guerre de sept ans, je propose deux ouvrages. Celui de l’historien Guy Frégault (La guerre de la Conquête, 1754-1760, Fides, 2008) est un peu daté – la première édition remonte à 1955 – mais constitue toujours une magnifique fresque. L’ouvrage posthume de l’historienne Louise Dechêne (Le Peuple, l’État et la Guerre au Canada sous le Régime français, Boréal, 2008) s’adresse à un public plus averti mais propose une analyse très stimulante des rapports complexes qui existaient alors entre nos ancêtres canadiens et l’élite française.

Sources et interprétations

Les historiens travaillent à partir des journaux, des lettres et des textes laissés par les acteurs du passé. Pour se faire sa propre idée des événements, il est toujours préférable d’aller directement aux sources.

Une excellente sélection d’archives est proposée par Jacques Lacoursière et Hélène Quimper (Québec ville assiégée, 1759-1760, Septentrion, 2009). Mes chroniques doivent beaucoup à cet ouvrage. Grâce à Roger Léger, il est également possible de lire les journaux de campagne du marquis de Montcalm et du chevalier de Lévis (Éditions Michel Brûlé).

Certains citoyens de Québec ont tenu un journal durant le siège de Québec. L’un de ceux-là, probablement le plus riche et le plus cité, vient tout juste d’être réédité par les chercheurs Bernard Andrès et Patricia Willemin-Andrès (Journal du siège de Québec du 10 mai au 18 septembre 1759, Presses de l’Université Laval, 2009). Une lecture passionnante !

Si trop peu d’historiens québécois s’intéressent aujourd’hui à la Conquête, l’événement a été l’objet de nombreuses interprétations divergentes dans le passé. L’historien Charles-Philippe Courtois a eu l’excellente idée de regrouper un florilège de ces interprétations dans un livre de poche (La Conquête. Une anthologie, Typo, 2009). L’ouvrage sera disponible en librairie à la mi-octobre et risque de devenir un incontournable sur le sujet.

En terminant, je tiens à remercier le Journal de Québec qui m’a ouvert ses pages ainsi que Pierre Karl Péladeau – un passionné d’histoire – qui eu l’idée de ces chroniques.

Merci à vous, chères lectrices et chers lecteurs, qui avez pris la peine de m’écrire. À vous lire, j’ai eu le sentiment de faire œuvre utile.

Sachez que ce fut pour moi un privilège de vous raconter ce grand moment de notre histoire.

FIN

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